La notion de reflet dans l’art  

cloudgateCloudgate, Anish Kapoor, 2006

     Le reflet nous suit partout, de par sa singularité il nous offre une deuxième vision une nouvelle fenêtre sur le monde qui nous entoure. Il déforme, interprète, est mobile, changeant, mais il correspond aussi à la représentation d’un nouvel espace: le reflet de ce qui nous entoure. Ainsi lorsque nous définissons les termes espace et artificiel nous en venons à la conclusion suivante: un espace artificiel ne saurait se définir qu’en tant que distance entre deux points contrefaisant la nature par le biais de l’art. C’est donc en tant que tel que nous allons entendre le reflet en en présenter certaines représentations dans l’art. Pour cela nous nous pencherons d’abord sur la notion même de reflet, d’où vient-elle? Quand est-elle apparue? Que symbolise-t-elle? Enfin, qu’en est-il du reflet dans l’art dans notre monde contemporain ?

     Le reflet est d’abord apparu tout d’abord au travers de l’être humain qui au début ne pouvait seulement s’admirer grâce à la nature, les étendues d’eaux plus particulièrement. Très vite le reflet se symbolisera par la perception de soi, une prise de conscience impossible sans facteur extérieur, nos yeux ne pouvant qu’admirer le dessous de nos épaules…

    narcisseNarcisse, Le Caravage, 1569

     Au travers l’histoire de l’art nous pouvons prendre l’exemple du mythe de Narcisse, souvent représenté dans les arts. Narcisse dans la mythologie fut un homme s’étant épris de l’image de son reflet au point d’en mourir pour lui. Au travers cet histoire le reflet devient donc un danger potentiel, la mise en garde est donc de ne pas abuser de sa propre image au risque de s’y perdre. Mais au cours de l’histoire il est intéressant de remarquer qu’avant le XXème siècle, le reflet ne possédait pas une réelle importance. Plutôt réservés aux classes aisés pendant des centaines d’années les miroirs furent trop chers pour qu’ils soient populaires, de plus le culte de l’image n’était pas présent au sein de la population.

     Nous pouvons néanmoins faire une exception dans le temps et remonter à l’époque de la Renaissance où le reflet eu un temps une place importante. La Renaissance signe également la présence de l’humanisme visant à placer l’être humain au centre de toutes choses. De cette façon le reflet devient important car il permet à chacun de connaître l’image qu’il renvoie, et ainsi en devenir fier tout comme il pouvait être fier de ses créations et connaissances. En peinture nous pouvons trouver de nombreux exemples montrant que le reflet prends une place importante au sein de la composition.

les menines Les Ménines, Diego Velasquez, 1656

    En voici un: Les ménines, Diego VELASQUEZ, 1656. Dans de tableau l’artiste nous donne à voir ce que l’observateur ne peux pas voir, il créer dans l’espace qu’il représente un second afin de permettre aux spectateurs de l’oeuvre de se sentir concerné par la scène voir même d’y être prit à partis. Ici on se surprend à pouvoir devenir les sujets peints en questions car nous semblons nous trouver au même endroit qu’eux.  Cet exemple nous montre que le reflet, comme à la manière d’une mise en abîme, peut créer un nouvel espace au sein d’un autre et d’étendre les limites de ce qui est représentable en peinture.

 

Le reflet et l’espace dans l’art contemporain 

     L’art contemporain, dans l’imaginaire collectif représente un art où souvent l’idée et le concept sont autant ou voir plus important que la forme employée par l’artiste pour s’exprimer. Le reflet comme son nom l’indique est la représentation même de quelque chose d’existant en moins lumineux et moins net. Ces dernières décennies de nombreux artistes se sont emparés du sujet pour faire du reflet un moyen privilégié afin d’exprimer un concept, une idée, parfois même une revendication. Le reflet peut devenir ce vecteur d’expression privilégié car avec lui les artistes peuvent s’emparer de la réalité de notre monde, déjà existante, et ainsi la déformer à leur manière pour tenter d’en extraire des messages.

  anish-kapoor-cloude-gate.jpgCloudgate, Anish Kapoor, 2006

     En 2006, Anish Kapoor a illustré ces propos avec son oeuvre mondialement connue: « Cloudgate » à Chicago. Sa sculpture aussi appelée « haricot » par les habitants de Chicago est une sculpture faite de 168 plaques d’acier inox. Elle est haute de 10 mètres pour une base de 20 m x 13 m et se situe en plein milieu du Millenium Park en plein Chicago. Elle fut conçue de 2004 à 2006, l’artiste avait notamment demandé le plus grand soin en ce qui concerne les soudures et le polissage afin que celles-ci soient invisibles et que le polissage soit tel que le métal agirait comme un miroir ultra-brillant. Cette sculpture monumentale en plein air offre un spectacle grandiose et une expérience personnelle pour chacun de ses visiteurs. Le matériau utilisé: le métal, permet des jeux multiples entres oeuvre-espace-luminosité. Cet ouvrage en ronde bosse offre des centaines de points de vues différents pour l’observer. Et chacun de ses points de vues offre une nouvelle vision de notre reflet, mais aussi une nouvelle vision de l’environnement, la ville, le lac Michigan… Le spectateur choisit et impose le reflet qu’il veut tirer de la sculpture, il décide et participe à l’oeuvre. En déformant la réalité Anish Kapoor permet à l’homme de visualiser ses fantasmes au travers ce nouvel espace construit par le reflet, désormais le ciel se trouve à nos pieds, la nature se retrouve aux pieds des buildings, notre corps devient immense, le soleil devient étonnamment proche de nous…

Feydball.jpg         Feydball, Agence Barré-Lambot, 2016, Nantes

     Plus localement, nous pouvons retrouver une autre oeuvre dans le même jouant avec le reflet de la réalité pour la déformer et lui donner un autre aspect. Il s’agit de Feydball, à Nantes de l’agence Barré-Lambot Architectes. Situé sur la place Feydeau, les miroirs disposés de manière convexe autour d’un stade de foot étiré et déformé au sol, fonctionnent à la manière d’une anamorphose. En effet, le stade au sol ne correspond pas à la réalité ou bien à l’image d’un stade de foot habituel. Ce qui perturbe l’usager au premier abord. Cependant en levant la tête nous apercevons des miroirs reflétant le stade de foot droit, rectangulaire, fonctionnel. Cette nouvelle perception ouvre des nouveaux horizons, la déformations d’un espace réel et sa représentation logique au travers d’un reflet nous propose une expérience de jeu insolite et inédite.

Le reflet dans l’art possède un réel pouvoir sur l’espace, il change la fonctionnalité, l’usage de l’espace et réinvente l’expérience du spectateur.

 

SOURCES:

https://www.connaissancedesarts.com/art-contemporain/lart-immateriel-de-la-lumiere-1118521/

https://perezartsplastiques.com/2017/02/19/le-miroir-dans-lart/

https://perezartsplastiques.com/2018/03/12/le-reflet-dans-lart/

http://www.cnrtl.fr/definition/perception

http://e-cours-arts-plastiques.com/la-lumiere-dans-lart-et-dans-tous-ses-etats-part-3/

https://www.nantes-tourisme.com/fr/art-contemporain/feydball

http://theconversation.com/cloud-gate-danish-kapoor-la-sculpture-miroir-qui-reflete-la-finitude-du-monde-100107

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cloud_Gate

 

 

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