Les artistes contemporains vagabondent dans les villes

L’expression « art contemporain » désigne de façon générale, l’art depuis les années 60 environ, quel qu’en soit le style et la pratique esthétique, mais pour la plupart du temps dans le champ des arts plastiques. Aujourd’hui on le retrouve partout et c’est avec lui que l’art va sortir des galeries et musées pour se confronter à la rue, la ville et les gens. L’art contemporain est même devenu une destination touristique avec des circuits qui y sont destiné.

L’art contemporain dans la ville « contribue à la création de nouveaux espaces de qualité, à une nouvelle image de ces quartiers de vie, à de nouvelles identités » nous explique les rapports publics sur l’urbanisme d’aujourd’hui.
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Les deux plateaux, Buren, 1986, marbre blanc et noir plan d’eau
Parfois celui-ci est méprisé ou embrigadé dans une querelle portant sur la dégradation des rapports du politique et du symbolique. Comme par exemple avec « Les deux plateaux », œuvre polémique à l’époque de sa mise en œuvre par Buren au Palais Royal à Paris. L’art doit alors s’adapter à ce public qui n’est pas forcément connaisseur et qui parfois est très dur avec ses artistes.

Le phénomène de la ville se présente désormais comme une dimension constituante de la vie humaine, qui n’est autre qu’un ensemble articulé de rapports et d’expériences difficilement généralisés. L’urbain n’est plus extérieur à l’homme. La ville n’est plus un décor mais un terrain de jeux d’artistes ou encore un lieu d’expérimentations.

Contrairement à Buren qui « impose » ou met en place son œuvre, d’autres artistes contemporain utilisent la ville comme laboratoire de production, à l’exemple de Bill Fontana qui enregistre des sons de la ville pour en faire des œuvres sonorisées pouvant être exposées. Les passants sont alors mis dans l’œuvre sans leur autorisation, après tout le son appartient à tout le monde quand il est dans la rue. L’artiste montre bien l’imposante cacophonie qu’une ville peut émettre par exemple sur le Millenium Bridge à Londres.
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Entrer une légende, Norman Foster, 1996, London
La ville est sans aucun doute la plus grande galerie à ciel ouvert. Pour certains artistes le but est de faire des œuvres plastiques détournant un endroit ou le mettant en valeur, en le soulignant. Pour d’autres comme Andrea Blum l’art contemporain devient discret et il se transforme en mobilier urbain. Ces œuvres à l’inverse de Buren son physiquement présentent mais pas forcément visibles au premier coup d’œil. La ville est faite de ses habitudes, le mobilier urbain en fait partie. Blum joue avec une curiosité intelligente en plaçant dans des espaces urbains, des mobiliers discrets sous presque tout abord mais qui se révèle complexe et toujours en relation avec la sociabilité qui est quelque chose d’important dans notre vie et qui diminue de plus en plus avec toutes ses communications virtuelles qui font parfois du monde urbain un univers peu connu.

De nos jours, se déploient, semble-t-il aussi bien, des formes traditionnelles que des formes nouvelles, des provocations que des lieux communs, des essais que des répétitions dans nos architectures et extérieurs.
Ce n’est pas pour rien que l’art public est aussi un art en public. Il est pourtant vrai que la diversité des pratiques est grande. Si l’on se contente d’un trop rapide répertoire des formes, on est vite conduit à conclure qu’aucune perspective artistique ou esthétique commune n’a l’air de se dessiner, l’art contemporain dans la ville est là pour donner du relief à l’urbanisme.La ville fait le lien entre ces artistes qui ont des créations très différentes sur des sujets bien éloignés.
L’art contemporain dans la ville peut encore se distinguer de beaucoup d’autre manière comme par exemple avec Dani Karavan qui travaille des matériaux bruts. L’architecture urbaine est alors mise en avant dans ses productions plastiques qui pourraient s’apparenter à une structure fixe et utilisable comme un bâtiment. Karavan invite au déplacement dans ses œuvres, tout comme Buren, la ville est un endroit avec des mouvements infinis. Invité le spectateur, peut être pressé, ou intrigué, peut faire l’œuvre à lui-même. L’esthétique ne prime pas pour Karavan, le déplacement et l’intrigue autour de l’œuvre est son objectif. Ces projets monumentaux sont présents dans le monde entier.

Les œuvres contemporaines dans la ville sont des œuvres qui, le plus souvent, renoncent à la figuration, à l’héroïsme des valeurs artistiques, et qui ne sont plus éprises de noblesse ou soucieuses d’élévation morale, elles déploient seulement leur puissance plastique dans l’espace, s’unissant avec le milieu.

Cela est montré dans les œuvres de Yann Kersalé qui travaille sur la lumière pour changer les lieux, il nous propose des œuvres visibles seulement de nuit à certains endroits. La lumière est sa matière phare et il l’utilise comme de la peinture sur de nombreux bâtiments comme sur le Mucem de Marseille. Le spectateur est alors pris par surprise. Dans des espaces qu’il connait depuis toujours, un monde nouveau va lui apparaitre quand la nuit tombera.
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Yann Kersalé, Illumination du MuCEM, 2013, construit par Rudy Ricciotti, Marseille 
Pour finir, Internet et les réseaux sociaux d’une part, la reconnaissance du marché de l’art d’autre part, ont profondément modifié la façon d’approcher ces œuvres de rue qui questionnent l’individu au sein du territoire urbain. Ce phénomène fait l’objet de nombreuses remises en question, à commencer par la définition même du Street-art. Avec comme exemple Banksy, nous pourrions dire qu’aujourd’hui, que le Street art est une branche de l’art contemporain. Il glisse vers une institutionnalisation tout en s’embourgeoisant. Soit l’inverse de l’art contemporain qui est sorti des galeries, le Street art y rentre maintenant.

Autrefois résumé à la bombe graffiti, la notion de Street-art se complexifie avec l’apparition dans ses rangs d’artistes plasticiens tel que Mark Jenkins qui inscrit des mannequins à échelle humaine dans le réel pour interpeller de façon intrigante le quotidien urbain.
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 Danger Imminent, Mark Jenkins, Tudela, Espagne
L’art urbain contemporain est alors la relève qui se met en place. Aujourd’hui, les rôles sont inversés entre les graffeurs qui côtoient les galeristes et les artistes d’art contemporain qui se confrontent au spectateur et à ses humeurs.

BIBLIOGRAPHIE


 OBSERVATOIR DE L’ART CONTEMPORAIN, NRE Consult, VINCENT KOZSILOVICS, « Le Street-art est mort, place à l’art urbain contemporain ! », publié le 20/01/2014, http://observatoire-art-contemporain.com/revue_decryptage/analyse_a_decoder.php?id=20120555, Consulté le 29/11/2016

ECHOSCIENCES GRENOBLE, La Casemate, JOEL CHEVRIER, « Good vibrations (1/3) : Bill Fontana, l’artiste qui sculpte le bruit du monde », publié le 05/0/2016, http://www.echosciences-grenoble.fr/articles/good-vibrations-1-3-bill-fontana-l-artiste-qui-sculpte-le-bruit-du-monde, consulté le 25/11/2016

SMADJA, Gilbert, Art et espace public le point sur une démarche urbaine, 5ème section, Ministère de l’équipement, des transports, du logement, du tourisme, et de la mer, affaire suivie par Jean Frébault, 2003, http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000281.pdf

S.C.E.N.O., Exposer l’art contemporain, ANONYME, « L’art contemporain et la ville. », date de publication inconnue, https://exposerlartcontemporain.wordpress.com/2016/03/09/lart-contemporain-et-la-ville/, consulté le 25/11/2016

Espace temps, Espace Temps, CHRISTIAN RUBY, « L’art public dans la ville. », publié 01/05/2002, http://www.espacestemps.net/articles/art-public-dans-la-ville/, consulté le 25/11/2016

Tendence art design, décrypte l’art contemporain et le design, François BOUTARD, « Voir la ville par le prisme de l’art contemporain », publié en 2013, http://artdesigntendance.com/voir-la-ville-par-le-prisme-de-lart-contemporain/, consulté le 25/11/2016
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